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47°9’ S 126°43’ W

20,00€

Été 1997. Au large de la côte sud-ouest de l’Amérique du Sud, une agence américaine responsable de l’étude des océans enregistre un son aussi étrange que rarissime. Perceptible dans un rayon de 5 000 kilomètres, sa puissance extraordinaire confond tous les scientifiques. Des interprétations, ce son – baptisé le bloop – en connaît des dizaines : nouvelle espèce animale, activité sismique, signaux extraterrestres… mais aucune des hypothèses avancées ne recueille l’approbation générale. Tous ceux qui se frottent à l’éclaircissement du bloop voient leurs démonstrations démantelées par un confrère plus averti.

2024. David Wayland, talentueux journaliste américain, est sollicité par le professeur Lewis Theobald Jr. pour tenir le journal de bord d’une expédition vers l’océan Pacifique. Le professeur souhaite se rendre au cœur de la zone d’émergence du bloop, afin d’apporter – à une communauté scientifique sceptique – la preuve irréfutable de son hypothèse. Selon lui, le son serait le cri d’un monstre marin tapi dans les abysses de l’océan, cent fois plus gros que la plus grosse des baleines bleues jusqu’à présent répertoriée.

L’expédition se met en route le 2 avril 2025 à 10 heures, à destination du point le plus éloigné de toutes terres émergées, à quelques milles du point Nemo, aux coordonnées 47° 9’ S 126° 43’ W. Après cinq jours de navigation, l’équipage va atteindre la zone d’émergence du bloop, sonder les profondeurs abyssales du Pacifique et précipiter, de ce même geste, la Terre aux portes de l’Apocalypse.

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Description du produit

 

• Auteure : Chrystel DUCHAMP
• Illustrateur : Éric BARGE
• Genre : Fantastique / Aventure
• Broché : 120 pages
• Dimensions (en mm) : 210 x 297 x 10
• Poids : 550 grammes
• Date de sortie : 2 septembre 2014
• ISBN : 978-2-9545788-2-8

 

Avis

  1. :

    Un ouvrage aux allures atypiques: « 47° 9′ S 126° 43′ W », beau roman de Chrystel Duchamp, se présente en un format A4 imposant, revêtu d’une noble jaquette aux allures rétro où dominent les tons verts. En ouvrant ce livre pour la première fois, on découvre les dessins d’Eric Barge, créés à la manière de certaines bandes dessinées à l’ancienne, en un noir et blanc brut et détaillé à la fois, qui rappelle par certains aspects les gravures sur bois. Et puis, il y a une page de journal, dûment pliée en quatre, en couleurs: on est dans le futur!

    Certes, il s’agit d’un roman d’anticipation présenté sous la forme d’un journal. Mais sa narration rappelle les maîtres du roman d’aventures d’autrefois, tel un certain Jules Verne – ou, mieux encore, un non moins certain Howard P. Lovecraft. Cela, avec un clin d’oeil à William Shakespeare: l’un des personnages de « 47° 9′ S 126° 43′ W » porte le nom de Lewis Theobald Jr., ce qui rappelle l’un des éditeurs du dramaturge anglais.

    Le lecteur est invité à se mettre dans la peau de David Wayland, journaliste et homme de l’écrit, chargé de relater l’épopée d’un navire qui va accomplir une mission d’exploration au « Point Nemo », point le plus éloigné de toute terre émergée du globe, dont les coordonnées sont à peu près le titre du livre: celui-ci en réalité l’emplacement exact de la cité de R’Lyeh, théâtre de la nouvelle « L’Appel de Cthulhu » de Howard P. Lovecraft. Mais c’est tout près…

    Un troisième élément permet à l’auteur de faire démarrer son récit: le bloop, un son mystérieux de fréquence très grave enregistré dans ces régions du globe en 1997. L’auteure profite du format de journal qu’elle a choisi pour développer les hypothèses que la science a émises pour concevoir l’origine de ce son – et privilégier, en fin de compte, celle qui lui paraît la plus porteuse du point de vue romanesque, plutôt que celle, considérée comme plus vraisemblable, d’un « tremblement de glace ». Il n’en faut pas moins pour faire un bon roman d’aventures…

    Plutôt que de camper d’innombrables péripéties, l’auteur se concentre sur les états d’âme de son narrateur, David Wayland. Celui-ci rappelle à maints égards les héros romantiques ou, plus largement, « dix-neuviémistes ». Il y a d’abord une certaine ambition, et la volonté de dépasser un statut d’écrivain contrarié. Plus concrètement, l’homme est maladif, comme l’ont été d’autres personnages littéraires – et la maladie qu’il décrit pourrait être due à un être mystérieux et ectoplasmique plutôt qu’à un microbe, ce qui évoque « Le Horla » de Guy de Maupassant.

    Cette maladie confine à la folie, ce que suggère la chute de ce roman. En préservant une once de mystère, celle-ci inscrit « 47° 9′ S 126° 43′ W » dans le genre fantastique. Reste que David Wayland, père attaché à sa fille, intéressé aux échographies réalisées durant la grossesse de sa conjointe, est aussi un bonhomme bien de son temps: certes, il part à l’assaut des mers, mais il a aussi quelques traits de caractère du papa moderne.

    Bien de son temps, ai-je dit? L’anticipation n’est certes pas spectaculaire, et l’auteure aime se complaire dans des éléments du passé, à l’instar de la description du château où vit Lewis Theobald Jr. Le navire de l’expédition a lui-même une forme familière; ce qu’il a de novateur est indéniable, mais ne se voit pas. Et si les petits sous-marins « Sub-ward » embarqués rappellent les engins utilisés par Spirou dans « Le Repaire de la Murène », le mode de propulsion du bateau, « dihydrogène-dioxygène », renvoie à la très actuelle pile à combustible. Une énergie propre…

    Avec « 47° 9′ S 126° 43′ W », l’auteure réussit donc le grand écart entre une approche gentiment futuriste (on est en 2025) et le salut aux anciens. Et c’est avec délices que le lecteur se plonge dans les eaux pas toujours hospitalières de ce roman voyageur à l’écriture efficace et fluide.

  2. :

    47° 9’S 126° 43’W : Celui qui chuchotait dans les abysses. En voilà un titre énigmatique pour une œuvre atypique.
    47° 9’S de latitude et 126° 43’W de longitude, ce sont des coordonnées situées à quelques milles du point Nemo (point de l’océan le plus éloigné de toute terre émergée). Coordonnées où, l’été 1997, une agence océanique perçoit un son rare perceptible dans un rayon large de 5 000 kilomètres. Un son appelé le « bloop » et qui a donné, depuis, lieu à de multiples théories quant à son origine.
    Voici pour les faits historiques avérés. Pour l’histoire du livre, on prend place dans une expédition en route pour ces coordonnées, menée par l’extravagant professeur Lewis Theobald Jr., qui a sollicité le journaliste David Wayland pour en tenir le journal de bord. Il compte bien se rendre sur les lieux du « bloop » et ainsi conforter sa théorie : celle d’un monstre marin ancien tapi dans les abysses, et qui attendrait son retour.

    Raconté à la manière d’un journal de bord, le texte est un véritable hommage à L’appel de Cthulhu, nouvelle devenue la pierre angulaire de l’univers inquiétant de Howard Pillips Lovecraft.
    Aujourd’hui considéré comme l’un des plus grands écrivains fantastique américains de ce siècle, H.P.Lovecraft a été reconnu seulement après sa mort. Homme complexé, dont on décrit une existence ferme et raciste, il invente un panthéon de Dieux et monstres des plus effroyables appelés les Grands Anciens : Cthulhu, le rêveur endormi dans la cité sous-marine de R’lyeh, Azathot, le dieu aveugle, Nyarlathotep et tant d’autres, et nous fait assister à la renaissance de rituels hideux, fondateurs d’un culte blasphématoire que l’on pensait disparu depuis longtemps.
    Les personnages de Chrystel Duchamp sont très similaires aux personnages de H.P. Lovecraft. Chercheurs, professeurs, journalistes, ils sont l’alter-ego de Lovecraft, êtres perdus d’avance dans leur découverte de la terrible Vérité. Leur seule victoire – avant qu’ils ne disparaissent ou ne perdent l’esprit – est de nous laisser par leurs récits un aperçu du panthéon des Grands Anciens, un testament sur l’horreur qui s’apprête à nous consumer.

    L’écriture est terriblement efficace, le rythme s’installant peu à peu, et crescendo, nous amenant à un point terrifiant de non-retour, pour un final qui se pose encore une fois en digne successeur de l’œuvre de Lovecraft.
    On s’amuse des références distillées par Chrystel Duchamp. Le nom de Lewis Theobald par exemple, ou encore la mention d’un certain Charles D. Ward, qui signe l’article du « Sydney Bulletin » en fac-similé de l’ouvrage.

    Le format, quant à lui, est très original, avec un visuel accrocheur pour un grand format souple magnifiquement illustré par Eric Barge (on regretterait presque qu’il n’y ait pas plus de dessins tellement ceux-ci sont superbes).

    Souvent, et c’est ici mon avis personnel, les écrits inspirés de Lovecraft sont d’excellents substituts et le plaisir de leur lecture égale presque celui d’un roman ou d’une nouvelle du maître, en étant à la fois plus contemporains et modernes, mais en même temps passionnés et fidèles.
    On peut citer par exemple Neil Gaiman avec le très drôle Moi, Cthulhu ou La Spéciale des Shoggoths à l’ancienne, Stephen King avec des nouvelles comme Brume, N et le terrifiant Crouch End, ou encore Brian Lumley et son excellent personnage de Titus Crown, qui officie dans un univers lovecraftien.
    Et bien, 47°9’S 126°43’W ne déroge pas à cette règle.

    Chrystel Duchamp et Eric Barge signent ici un talentueux hommage à la force de l’imagination d’un maître de l’Imaginaire.

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