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La boîte aux objets perdus

16,90€

« J’étais un assommé du travail. Un drogué du boulot. J’enchaînais les contrats les uns après les autres sans prendre le temps de me reposer. J’étais assez fier de moi. Petit à petit, je prenais de l’assurance et plus aucun sentiment ne m’habitait et ne venait perturber mon activité. J’exécutais mon travail. Froidement. Méthodiquement. Mais il m’est arrivé de flancher. Et c’est dans ces moments-là que ma boîte aux objets perdus s’est le plus garnie. »

Ouvrez la boîte aux objets perdus et découvrez dix nouvelles aux accents de thriller et de fantastique. Entrez dans un monde sans pitié, où se côtoient des âmes basses et torturées, mais qui semblent pourtant si familières. Noires, cruelles et inquiétantes, ces tranches de vie ne vous laisseront pas de marbre car sachez qu’ici, il n’y a pas que les objets qui sont perdus.

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Description du produit

 

• Auteure : Chrystel DUCHAMP
• Illustrateur : Éric BARGE
• Genre : Thriller / Fantastique
• Broché : 176 pages
• Dimensions (en mm) : 210 x 150 x 11
• Poids : 280 grammes
• Date de sortie : 17 juillet 2013
• ISBN : 978-2-9545788-0-4

Avis

  1. :

    Ouvrir cette boîte aux objets perdus, c’est ouvrir une véritable boîte de Pandore. S’en échappent les pires misères de ce monde, que Chrystel Duchamp a pris soin d’y cacher : la solitude, quasi omniprésente, cette solitude qui tue ou rend fou. La folie, qui guette ou s’abat sur chacun des protagonistes, les poussant jusque dans leur dernier retranchement : la mort. La mort, celle des personnages, ou de ceux qui les entourent ou qui croisent simplement leur passage.
    Il y est aussi beaucoup question de la détresse des enfants, car la folie des adultes trouve ses racines profondes dans les traumatismes de l’enfance. Et quels traumatismes ici ! Comme il est terrible de redécouvrir cette vérité élémentaire de l’influence qu’ont les événements qui peuplent nos vies dans nos premières années d’existence. Je dis que cette découverte est terrible, car les destins tragiques des enfants dans ces histoires sont comme des piqûres de rappel sur ce que l’on a pu vivre soi-même, et nous incite à porter un regard différent sur notre quotidien passé avec nos propres enfants. Cela pourrait même être une sorte de rappel à l’ordre, pour nous inviter à nous souvenir que chaque mot, chaque acte, aussi anodin qu’il puisse paraître, peut marquer à vie une personne, et changer sa façon d’être, ou d’appréhender les autres.
    Mais foin de psychologie à deux sous, ce recueil de nouvelles est une belle découverte. De cette auteur, je devais à l’origine chroniquer un autre ouvrage, d’inspiration lovecraftienne : 47°9’S 126°43’W, celui qui chuchotait dans les abysses. Mais la curiosité m’a poussé à ouvrir avant cette boîte aux objets perdus, afin de goûter le style, en une sorte de mise en bouche, avant de déguster l’alléchante œuvre susmentionnée. Et j’ai adoré.
    Ce sont ici dix nouvelles fantastiques, dans tous les sens du terme, même si certaines me paraissent peut-être moins prenantes que d’autres. Cependant, qu’on ne s’y méprenne pas : ce sont de véritables uppercuts qui ne laissent pas insensible, et qui parfois même ressurgissent quelques jours plus tard, nous révélant alors le puissant impact qu’elles ont eu sur nous.

    Un livre que je recommande chaudement, qui pourrait ressembler à un coup de cœur, et qui ravira tout amateur de fantastique en général et d’histoire de fantômes en particulier.
    Il ne vous reste plus maintenant qu’à le commander ici.

  2. :

    La boîte aux objets perdus rassemble dix nouvelles écrites par Chrystel Duchamp et les illustrations d’Éric Barge. C’est d’abord le récit de personnages aux mœurs anodins, des âmes isolées, « perdues », que guettent de près comme de loin, les drames sans larme collectés dans la boîte aux objets perdus. Des questions existentielles ordinaires sont à l’origine des déséquilibres qu’amplifie la psychologie des personnages.

    « Elle avait découvert son anomalie», les traits de personnalité se recoupent d’une nouvelle sur l’autre. L’on sent la folie tapie. Comme l’écho l’est à l’espace vacant, en rebond, les personnages imprécis se croisent sans se rencontrer dans des paysages qui flottent, dessinés par une ligne narrative et un style dépouillé. Créant de légers impacts, ils annoncent les nouvelles à suivre, sans ordre chronologique choisi. Une certaine forme d’animisme fait des objets les familiers de leurs propriétaires, et la partie-liée qu’ils nouent avec l’intrigue est très étroite. Des objets qui, après avoir été destitués de leurs propriétaires tenus pour morts, en sont écartés comme des preuves gênantes, témoins spécifiques des troubles passés dont ils gardent la trace. Chaque nouvelle a son objet, ou sa pièce à conviction. Ce sont eux qui tiennent le fil rouge du recueil et qui constituent la raison du récit.

    Un recueil polymorphe dans sa manière d’aborder les sujets où l’indéfini donne le ton et joue de ses tiroirs. C’est ainsi que de la même manière sujet et objet s’imbriquent, et que la forme double sa fonction : l’objet du récit est son propre support et celui-ci prend part à l’intérêt littéraire. Ambiance fantastique, second degré et sens caché, page après page la mort se fait plus certaine et nous révèle le sens de la boîte mystérieuse. Non-lieu. Par la force de l’habitude ou de la honte, morne, la mort s’exécute. Sur la page dépositaire, l’écriture signe. Elle allie la sale bête et l’amour, et les reliques aux vivants côte à côte avec la saloperie en mal de raccourcis. C’est sans compter sur cette fausse alliée : tourner la page, faire de celle-ci le suaire de ces choses et de leurs raisons d’être qui d’abord animées, ont été privées de souffle, happées. « J’avais fourré mon trésor dans ma poche. Je culpabilisais à en mourir. Puis, j’ai senti la présence de quelqu’un venant s’asseoir à ma droite ».

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